ethique

Éthique

L'éthique est un savoir à la fois théorique et pratique appartenant à la science politique et ayant pour objet la vertu. Pour Aristote :la vertu est essentiellement ce dans et par quoi l'homme se rend supérieur au destin, grâce à la maîtrise de ses passions et à l'exploitation de ses possibilités d'action au service du Bien


Mais de quoi parlons-nous à propos du Bien ?

De notre point de vue, c’est l'ensemble des aspirations positives essentielles de l'Humain, que ces dernières concernent son accomplissement vital ou ses aspirations spirituelles. Toutefois, le Bien, pour être autre chose qu’un rêve, a besoin d’être organisé et cette organisation s’appuie sur les 4 piliers que sont les vertus cardinales.


La Prudence

Qui aide la raison pratique à discerner en toute circonstance le véritable Bien

La réalité de l’expérience concrète est Bien éloignée de la théorie. Le monde dans lequel nous vivons est fait d’imperfections, d’aléas, d’incertitudes. Il ne correspond pas forcement aux belles déductions abstraites. Dès lors qu’il s’agit d’agir dans cet environnement chaotique, le savoir ne garantit rien. Il est alors fort utile de se montrer prudent.

Cela peut paraître surprenant à l’ère du savoir illimité et universel, mais nous en faisons tous un jour l’expérience. Il ne suffit pas de savoir ce qu’est le Bien pour être capable de le trouver.

La Prudence, appelée phronesis dans la langue d’Aristote, est la qualité de celui qui n’a pas seulement en tête l’idée du Bien, mais qui sait aussi le discerner dans les méandres du réel au milieu desquels il lui faut se frayer un chemin vers les justes moyens de l’accomplir.

La vertu de Prudence est liée à l’avertissement delphique : Connais-toi toi-même ! La lucidité sur ses propres limites permet de mesurer ses forces et se méfier de sa faiblesse. La capacité d’écoute, d’observation, d’apprentissage aide à recevoir objectivement des conseils. La Prudence nous révèle que la véritable puissance est au cœur de nos limites et que cette humilité nous apprend à agir sans nous détruire.



La Tempérance

Qui se définit comme la modération ou retenue volontaire de soi-même amenant à l’équilibre

Dans un monde qui va de plus en plus vite, où la transcendance le dispute à la performance, que vient faire l’appel à la mesure et la retenue ?

Si l’avertissement delphique : Connais-toi toi-même ! est lié à la Prudence, Maîtrise toi ! l’est assurément à la Tempérance. Appelée aussi sobriété, elle est nécessaire à l’harmonie intérieure de l’homme et à sa santé, psychique et physique.

Dans une organisation, cette retenue d'excès, de calme et de contrôle de soi est probablement la base de la cohésion sociale. Elle met à l’unissons les plus faibles, les plus forts et la cohorte des intermédiaires sous l'égide de la sagesse, de la force, du nombre, des richesses et de toute autre chose semblable. L’écueil ici est d’éviter l’hybris, la démesure, sources de chaos.

Les organes de régulation font appel à cette vertu, appelant à la mesure, à la décence. Que cela soit dans les paroles ou dans les actes, cette vertu est bien plus difficile à acquérir qu’à enseigner !



La Justice

Qui consiste dans la constante et ferme volonté de donner moralement à chacun ce qui lui est universellement dû

La Justice établit les normes effectives de régulation de la vie sociale. Elle est la référence, certes abstraite et souvent floue, qui sert à l’évaluation de cette dernière. Elle occupe une place particulière en ce sens qu’elle est garante de l’équilibre entre les trois autres.

La Justice implique l’équité, c’est-à-dire l’attribution à chacun de ce qui lui revient de droit. Au niveau de l’organisation elle n’est pas autre chose que l’équilibre harmonieux entre les fonctions qui concourent à la vie collective.

Cependant, la valorisation d’un critère d’évaluation à l’exclusion des autres, risque toujours d’introduire un déséquilibre en autorisant la prééminence d’une fonction par rapport aux autres. Dès lors, la Justice implique l’isonomie (l’égalité dans la différence) en reconnaissant et valorisant les différences et les individualités.



Le Courage

Qui permet la fermeté et la constance de juger correctement, dans les périls et les difficultés, dans la poursuite de ce qui est juste

Composante essentielle du leadership, le Courage met en cohérence ses principes et ses actions. C’est la capacité d’affronter la peur qui traduit la perception d’un danger, et de dépasser cette peur dans l’action. Il est important de le distinguer de l’audace, motivée par le désir et de la témérité, motivée par l’orgueil.

Cette aptitude à faire face à la réalité, à se confronter à sa condition humaine permet d’accéder à l’authenticité. La force d’âme qui permet de dire non et de repousser l’inéluctable, art subtil d’évaluer les risques et de s’y adapter.